Le réveil de Gounelle

Si vous ne devez en lire qu’un livre de Laurent Gounelle, c’est bien celui-ci. L’auteur de l’optimisme et des histoires positives a fait une exception en 2022. Partant du principe que c’est de la responsabilité des intellectuels de dire la vérité et de dévoiler les mensonges. Pour écrire ’le réveil ‘’, il a trouvé son inspiration en observant de près la situation que nous vivons tous depuis que le Covid-19 s’est répandu sur Terre en mettent en lumière les rouages et les mécanismes à l’œuvre dans ce que nous subissons depuis quelque temps.

Sur la manipulation des foules: «  Quand une information qui induit une peur en toi est répétée à longueur de journée dans les médias, ça doit être un signal pour te dire que quelque chose se trame et que c’est certainement à tes dépens. La meilleure chose à faire est alors de prendre du recul et de te demander ce que ta peur peut apporter au pouvoir en place…La plupart des grands médias de ton pays sont entre les mains de neuf ou dix milliardaires, tous en lien avec le pouvoir. Et la presse reçoit chaque année des dizaines de millions d’euros de subventions… du gouvernement. Comment peux-tu croire une seule seconde qu’ils sont indépendants ? »

Un moment avec Noam Chomsky et la manipulation des masses: « — Pourquoi lisez-vous le journal, jeune homme ? — Euh… pour avoir des nouvelles du monde… — Non, monsieur. En lisant le journal, vous avez des nouvelles de ce qui est écrit dans le journal… — Le tableau du monde présenté aux gens n’a pas la plus petite relation avec la réalité, car la vérité sur la moindre affaire est enterrée sous des montagnes de mensonges.Si les médias diffusaient en boucle des informations allant dans le même sens, induisant la même émotion, la même peur, ce n’était sans doute pas sans raison. Il y avait probablement quelque chose derrière cette info. »

Le monde vu par les milliardaires: « Quand vous possédez une Porsche, vous pouvez rêver d’une Ferrari. Mais quand vous avez déjà quinze Ferrari, vous n’en désirez pas une seizième : cette perspective vous laisse même totalement froid ! Il vous faut désormais quelque chose d’un autre ordre pour alimenter vos désirs et nourrir votre ego. Le sentiment d’être l’un des maîtres du monde1 y répond parfaitement. La soif de pouvoir souvent maladive de ces dirigeants a alimenté chez eux une forme d’intelligence très particulière qui leur a permis de se hisser aux postes qu’ils occupent. Cette position peut ensuite leur donner le sentiment d’être légitimes pour imposer leurs vues au peuple, qui a rarement leur niveau d’étude ni cet esprit spécifique qui les a conduit où ils sont. Mais l’intelligence revêt plusieurs formes et ne se limite pas à celle que cette caste a développée et qui n’est en rien synonyme de sagesse ni de bienveillance. La conquête du pouvoir est souvent associée à une détermination impitoyable qui coupe l’individu de ses émotions, au point où certains ne sont même plus capables de ressentir de l’amour ni de la compassion : tels des acteurs insensibles, ils se contentent alors, pour soigner leur image, de simuler les émotions suggérées par leurs conseillers en communication.Le peuple, même parmi les moins cultivés, dispose souvent d’un bon sens, d’une certaine sagesse et d’une intelligence du cœur que l’on ne retrouve guère chez ces puissants. »

Les marionnettistes: « Les grandes firmes avaient depuis longtemps compris que jouer sur les bas instincts, les pulsions et les peurs était le moyen le plus simple et le plus efficace pour vendre n’importe quoi. C’est aussi simple que d’appuyer sur un bouton qui déclenche immanquablement l’effet attendu. Que cela tire les gens vers le bas n’est pas leur problème. Cette démarche s’était donc généralisée, et pas seulement pour vendre des produits. Le cinéma, la télévision, les jeux vidéo : tous les secteurs du divertissement s’étaient emparés du principe, sachant pertinemment qu’il leur serait mille fois plus facile de nous attirer à eux par ce biais qu’en nous proposant de quoi nourrir notre âme. On y avait donc progressivement trouvé de plus en plus de violence, de sexe, de vulgarité. Et le phénomène s’était accentué gravement avec la privatisation et la multiplication des chaînes de télévision. Autrefois, il y a encore quelques décennies, les gouvernements cherchaient à élever l’esprit des gens. Les télévisions, essentiellement publiques, proposaient des émissions culturelles, les films étaient souvent suivis de débats intellectuels, et même les jeux télévisés étaient intelligents. Puis, les gouvernements ont vendu leur âme et leurs chaînes au monde du business. Des télévisions publiques ont été cédées à de grandes entreprises (dont les patrons étaient proches des élus), et on a distribué des fréquences à tous ceux ayant assez d’argent pour se les offrir. À partir de là, les chaînes privées n’ont jamais cessé de courir après l’audimat en tirant le niveau vers le bas, encore plus bas, toujours plus bas, flattant les bas instincts et cultivant la bêtise. »

De la soumission douce: « S’appuyer sur la peur est le meilleur moyen de conduire les gens à renoncer à leurs libertés. « Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes », disait Machiavel. Plus on met les gens dans un état de peur, plus ils acceptent de se soumettre à l’autorité censée les protéger. Et plus on fait durer cet état, plus ils s’habituent à être contrôlés. Il convient donc de saisir toutes les opportunités qui se présentent dans l’actualité pour instiller des peurs et ainsi rendre le peuple demandeur d’une autorité et d’une fermeté nouvelles. Et lorsque celles-ci se mettent en place, il convient de les maintenir le plus longtemps possible pour habituer les esprits, jusqu’à ce qu’elles semblent normales. Naturelles. La privation de libertés se fait alors au nom de l’intérêt général. Ce que chacun peut bien comprendre. Et accepter. On obtient ainsi une soumission douce, sans recourir à la violence physique. La violence est bien là, mais elle est seulement morale. Psychologique. Noam Chomsky disait : « La manipulation est aux démocraties ce que la matraque est aux régimes totalitaires. » « La Grèce avait inventé la démocratie. Un bien précieux mais fragile, qui peut s’évaporer sans qu’on y prenne garde. La vigilance est salutaire, pour pouvoir réagir avant qu’il ne soit trop tard… Si on met une grenouille dans une marmite d’eau bouillante, elle s’en éjecte immédiatement pour sauver sa peau. Mais si on la plonge dans une casserole d’eau froide, elle va s’y plaire. Et si on la fait alors chauffer à feu très doux, la grenouille va nager tranquillement dans l’eau qui se réchauffe lentement. Quand elle réalise ce qui se passe, il est trop tard : elle est déjà cuite. »

Le réveil – Laurent Gounelle – Edition Calmann levy – prix 200 dhs

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